Dans ce petit ouvrage, la théorie n'étouffe en rien la sensibilité du récit ni la couleur des expressions entendues de la bouche deces personnes qui se sont, au moins un jour, retrouvées sans rien. Une trentaine d'entre elles ont été interviewées, à Liège, Namur et Charleroi. Le texte est alerte qui laisse une grande place aux citations littérales des témoignages. On y voit quele lien social est un besoin humain, probablement aussi essentiel que celui d'avoir un toit. On ne vit dignement ni sans l'un, ni sans l'autre.
Sans être le moins du monde prisonnier de la théorie du "capital social", ce livre se sert des dimansions proposées (confiance, entraide, réseaux homogènes ou liens entre groupes distants...) pour livrer une description, empreinte d'humanité, de l'évolution des raports sociaux au cours de vies chahutées par de nombreux avatars. La théorie sociologique n'est plus alors guère qu'un prétexte, utile néanmoins, pour écouter les récites de vie de personnes vivant ou ayant vécu une précarité extrême, et en organiser les éléments pour en dépasser le caractère anecdotique.
Le retour de l’extrême-droite a produit nombre de livres ces quinze dernières années, des plus savants aux plus simplistes. Pourquoi un de plus ? Celui-ci a voulu adopter un angle original : interroger des citoyens sur la manière dont ils réagissent, au quotidien, pour défendre la démocratie contre ceux qui la verraient bien disparaître. Les auteurs ont réuni soixante personnes, réparties en huit groupes spécifiques (par leur milieu professionnel, leur âge, leur situation sociale…) et ont animé la discussion pour faire surgir le maximum d’idées – issues de la pratique quotidienne – sur la valeur de la démocratie et les moyens de la défendre mais aussi sur ses fragilités et ses limites.
Ce sont ces idées, souvent accompagnées d’arguments ou d’anecdotes,
qui ont fait la matière principale de ce livre. La synthèse des groupes
de discussion est précédée d’un court rappel sur les théories
aujourd’hui es plus répandues et d’une bibliographie thématique
commentée.
S’il est le fruit d’une recherche rigoureuse, ce texte, écrit
simplement et de manière alerte, se veut tout la fois une invitation à
la réflexion et un recueil d’exemples pour tous ceux qui s’engagent
dans la défense e la démocratie.
Depuis quelques années, une frange de la mouvance laïque, qui se baptise elle-même « laïcité de combat », développe un prosélytisme anti-religieux qui vise essentiellement l'islam et, très accessoirement, les autres religions. Cela nous paraît un très mauvais combat pour la laïcité.
Contre cette dérive,
treize intellectuels ont rassemblé leurs réflexions pour défendre, chacun à sa
manière, et à partir de sa conviction propre, une autre façon de concevoir la
laïcité : positive et démocratique, sans concession ni fadeur. La laïcité ici
présentée organise, dans le respect des lois de notre pays, la cohabitation
pacifique des conceptions religieuses et philosophiques. Elle n’est pas
l’organisation du combat contre les religions. Elle ne peut servir de prétexte
pour justifier la discrimination à l’égard de quelque citoyen(ne) que ce soit.
La laïcité doit être intransigeante sur le principe mais ne peut se faire
croisade sans se renier elle-même.